Tristant et Iseut

Montréal, Lanctôt éditeur, 1982.

Un double désir a présidé à l’élaboration, après tant d’autres, de la présente traduction de Jean Marcel : il s’agissait d’une part de ne point trop trahir la parole d’origine, ni surtout celle à laquelle se voyait confié le soin de nous révéler le poème de Wagner ; et l’excellence du résultat est telle qu’on est en droit de croire, sans toutefois quitter la certitude que ce texte est bien du musicien-poète allemand du 19e siècle, que ce poème vient tout juste de naître pour nous du cœur même de notre langue. Il importait, d’autre part, au traducteur-poète, de rendre disponible pour la scène une version spécifiquement théâtrale, affranchie du chant et de l’orchestre, tant il lui apparaissait que la dramaturgie wagnérienne se suffisait à elle-même et devrait être enfin livrée à l’expérience d’une scène non chantée ; aussi, ne s’étonnera-t-on pas d’assister ici ou là, pour ces besoins nouveaux, à de brèves suppressions, à des condensations réussies, voire à de légères additions, toutes ces altérations étant rendues nécessaires par l’absence de la musique. Ainsi conçu, le Tristan et Iseut devient d’une lecture à la fois complète, enchanteresse et très heureusement simplifiée.