Le joual de Troie

Montréal, éditions du Jour, 1973, prix France-Québec ; 2e édition augmentée, Montréal, Louise Courteau éditrice, 1982.

L'essai Le Joual de Troie mérite à Jean-Marcel Paquette le prix France-Québec en 1974. Dans cet ouvrage, l'auteur tisse des liens entre la langue, la politique et la condition sociale et économique des Québécois. Jean-Marcel Paquette compare la situation du Québec avec le cheval de Troie : la ruse, c'est l'idéologie selon laquelle le Québec a sa propre langue, sa propre culture, adaptés au contexte nord-américain, et que cette fausse sécurité conduira les Québécois à une assimilation efficace en les privant de toute combativité. Le cadeau des Grecs c'est la flatterie empoisonnée des Québécois à propos de leur culture, de leur langue. Dans cet essai, l'auteur traite du champ complexe de la linguistique et de ses rapports avec la politique. Pour lui : « il ne s'agit pas de parler comme les Français mais de parler français avec l'exercice plein et entier de toutes ses possibilités [...] Pour tout dire, le fait de parler une langue française commune avec d'autres cultures, ne nous condamne nullement à renoncer à notre originalité. »

 

C'est de langue et de linguistique qu'il s'agit dans ce livre, de politique et de sociologie car, comme dit l'auteur : « Toute considération sur l'état linguistique du Québec qui ferait abstraction des conditions proprement politiques d'exercice de la langue doit être tenue comme nulle et non avenue, sinon comme une fumisterie ». Un ouvrage choc sur l'un des problèmes les plus importants du Québec. Le joual de Troie est une réponse percutante aux ouvrages de Giuseppe Turi et Henri Bélanger.

Extraits :

 

« L'abstraction qu'autorise le langage est plus réellementhumaine que la réalité elle-même ; car une réalité, les chats, les chiens et les singes en ont une aussi, mais ils ne la traînent pas avec eux partout où ils vont comme moi je fais avec mon langage. Et être homme, ici comme ailleurs c'est posséder ce pouvoir infini de renouveler sans y être asservi, le sens de la réalité par le langage... »

 

« La révélation incommensurable que la terre tourne autour du soleil au lieu du contraire n'a rien changé au fait que je dis toujours coucher de soleil, lever de soleil, ni même à la perception réelle que j'ai de l'immobilité de ma sainte terre et de la rotation du soleil tout autour, contrairement à la vérité scientifique. La perception et le savoir sont deux choses. »

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