Jérôme ou de la traduction

Montréal, Leméac, 1990

Jérôme (341 - 420). Né en Dalmatie (Yougoslavie d'aujourd'hui) dans les temps qui précèdent l'effondrement de l'Empire romain, il fut le premier à s'interroger sur la validité des textes sacrés dont il se fit le traducteur dans la Vulgate devenue texte officiel de l'Eglise d'Occident. Il fut aussi le premier à donner à la femme une place prépondérante dans la vie intellectuelle de la chrétienté naissante.« Mundus senescit! - le monde, en effet, se faisait de plus en plus vieux, la parousie pouvait à tout moment survenir, des hordes de Barbares guettaient comme des vautours aux portes de l'Empire l'instant propice de se jeter sur ses dépouilles. Et Jérôme inlassablement trouvait matière à ses veilles pour scruter quelque trace obscure de ce qui avait été un sens, pour traquer l'incongruité dans son éclat une voyelle éteinte. Il était à lui seul l'avenir parce qu'il portait ses regards dans les entrailles du temps - si tant est que le temps ait toujours quelque chose à voir avec ces antiques mémoires mi-humaines, mi-divines, où seule transparaît encore, résolue et superbe, l'ombre de l'éternité. »

 

Essayiste et polémiste, Jean Marcel livre ici le second volet de son Triptyque des temps perdus dont le premier, Hypatie ou la fin des dieux lui a valu de Prix Molson de l'Académie canadienne-francaise.