Fractions 1

Montréal, l'Hexagone, 1996.

Colligés de façon parfaitement aléatoire, ces Fractions de Jean Marcel rassemblent les idées cassées sous le poids du temps, les musiques de l'âme et de l'esprit infiniment multipliables entre le zéro et l'unité qui forment l'essence même d'un être et de son secret. Ensemble, nous sommes conviés à un jeu, à la légèreté et au mystère d'une chasse au trésor. Fractions 1 n'est pas l'orchestration de l'homme de l'impossible, mais celle du merveilleux possible qui n'enlève rien à la profondeur et à l'étrangeté du monde.

Extraits :

 

« Le temps, ce dragon qu'il faut non point tant vaincre qu'apprivoiser. Tous les malheurs viennent de ce que l'on croit qu'il existe. »

 

« Après avoir, sur un siècle assez court, tué Dieu, cassé les grands idéaux de réforme des sociétés, piétiné les restes des grandes productions culturelles de l'humanité, achevé d'assassiner les idées qui semblaient mener le monde, que reste-t-il donc à faire ? À regarder la télé. Ce n'est pas la fin des idéologies : ce n'en est que le commencement. »

 

« On dirait, à le voir ainsi aller, que l'homme a été programmé pour se détruire lui-même ; tout ce qu'il a réussi (certains beaux moments de ses civilisations, certaines réalisations dans la matière, voir certaines acquisitions morales) a fini par disparaître ; et c'est lui aussi qui a ainsi brisé ce qu'il avait construit, comme un enfant, ses jouets. Que reste-t-il ? Des tombeaux vides, des temples en ruine, des cathédrales à peu près désertées et qui bientôt le seront tout à fait – sans compter ce que nous ne voyons plus ni n'avons jamais vu. Comment ne pas croire qu'un tel pantin ne finira pas par s'anéantir aussi ? Mais peut-être est-ce bien, est-ce mieux ainsi. »